D’une saison à l’autre

Le désespoir, quand on a vingt ans
Et la peur
Celle de perdre le goût puissant que procure la brûlure de l’existence

Le sang oxygéné pulse aux tempes
Quand la saveur piquante et éthérée des premières fois
Glisse entre nos doigts crispés, emportant avec elle l’intensité si précieuse

Et voilà que le fer à repasser de la vie nous repasse
Et nous repasse encore
Jusqu’à plier en quatre l’influx nerveux comme un vulgaire mouchoir de poche amidonné

Le dehors, autrefois si attractif
Devient source d’interrogation et d’inquiétude
L’espace de déambulation rétrécit, l’ailleurs se trouble de fumées grisâtres et de signaux de détresse indéchiffrables

Le territoire exploré se limite alors aux quelques immeubles
Magasins et jardin public qui composent le quartier
Dans le même mouvement, parfois

C’est là que l’extraordinaire du quotidien se déploie
Révélant mille et un détails, dévoilant la magnificence dans le minuscule
Une assise qui offre soudain un confort insoupçonné dans l’immobilité et le voyage silencieux

2 réflexions sur “D’une saison à l’autre

  1. Le gout puissant que procure la brulure de l’existence celle que par lacheté, usure d un trop plein de souffrance -ce feu là brule et on na pas encore trouvé l antidote…- on finit tout doucement par éviter jusquà se trouver plus mort que vivant. Merci pour ce beau texte !

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    1. Aokie

      Merci beaucoup pour votre commentaire.

      « usure d un trop plein de souffrance -ce feu là brule et on na pas encore trouvé l antidote » « on finit tout doucement par éviter jusquà se trouver plus mort que vivant »

      Je crois qu’il y a beauté dans ce retrait. Dans le fait de reculer de quelques pas pour ne pas être éraflé sans cesse par la vie, ni chercher à tout prix à vivre plus. C’est d’ailleurs le sens de ce poème.

      Le beau des petites choses qui se déploient lorsqu’on se retire un peu du brouhaha de la cité. On y est bien vivant. Même si autrement.

      Plutôt que le grandiloquent, préférer le minuscule. La sève s’y épanouit aussi.

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